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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 09:28

"À Tombelaine, le pic de la folie culmine à 45 m au-dessus de la baie. Une île inaccessible mais

passage obligé des traversées de la baie.

Tapie dans l'ombre de son célèbre voisin, le Mont-Saint-Michel, l'île granitique de Tombelaine s'élève au milieu de la baie, mystérieuse et inaccessible.

Un lieu insolite

Dans la baie du Mont-Saint-Michel, comme ne l'indique pas son nom, deux îles s'élèvent entre ciel et mer. La première n'a pas besoin d'être présentée, c'est la merveille de l'occident ! La seconde est ignorée et désertée par les touristes. Pour une simple et bonne raison, c'est qu'elle est interdite à la visite. Tombelaine la maudite n'est plus habitée depuis plusieurs siècles, sauf par quelques ermites dont le célèbre marquis de Tombelaine au XIXe siècle. Difficile d'accès, encerclée par la mer, les fleuves et les sables mouvants, certains diront qu'elle ne présente donc pas grand intérêt : un simple bout de rocher, recouvert de ronces, visible de près par les courageux qui auront sué sang et eau pour y arriver...

Grossière erreur ! Situé sur les « chemins du paradis », ce territoire est un lieu mythique dont l'histoire est aussi chargée que son voisin le Mont et dans laquelle la fiction prend souvent le pas sur la réalité. Successivement base de retranchement d'irréductibles Gaulois, forteresse anglaise, lieu de pèlerinage et fonderie d'or, les mythes se suivent mais ne se ressemblent pas.

Anges et démons

Historiquement, la richesse de Tombelaine est inépuisable. Robert Sinsoilliez, écrivain granvillais, a consacré 20 ans de sa vie à l'îlot. « Les Anglais y ont construit un fort pendant la Guerre de cent ans, raconte-t-il. Il y avait un vrai village sur place, avec des tavernes, des auberges, une police. Les gens y venaient en pèlerinage. C'est un haut lieu de l'histoire de la baie. »

Et les dates s'accumulent : 1449 libération de l'occupation anglaise, 1562 Gabriel de Montgomery s'empare de l'île pour y entasser son butin pendant les Guerres de religion, et enfin c'est l'affaire Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, arrété pour avoir fait de l'ombre au roi. Tombelaine tombe en même temps que son propriétaire, et ses richesses architecturales sont progressivement détruites, en cette année du diable, 1666.

Coïncidence du destin ? Il s'agit bien là de la « montagne du mal ». Celle que Victor Hugo a qualifiée de Tumba Beleni, la tombe de Belzébuth. Dieu et le diable se seraient partagé la baie, le Mont Tombe pour l'un et Tombelaine pour l'autre. À moins que ce ne soit le roi Arthur qui ait terrassé le géant responsable de la mort d'Hélaine, fils du roi Hoël, et qui l'ait enterrée à ce même endroit. D'où le nom de Tombe d'Hélaine...

Cailloux et mythologie

Monument historique depuis 1874 et aujourd'hui réserve ornithologique, Tombelaine est plus vaste que le Mont. Pourtant, il ne subsiste que des ruines de ce qui fût jadis une vraie forteresse. « On s'imagine que c'est un caillou et rien d'autre, confie Robert Sinsoilliez, mais c'est une vraie mine de recherches. Il faut se rendre compte du caractère mythique. » Pour les plus fantaisistes, la légende du tunnel qui relierait Tombelaine au Mont ne s'est encore jamais vérifiée. Avis aux explorateurs !"

Marie HAUPAIS.

Ouest-France

 

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Published by Jean-Robert Lequesne - dans Dernières Nouvelles...
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